Les fêtes de Lhassa suivent le calendrier lunaire tibétain ; leurs dates dans le calendrier grégorien changent donc d’une année à l’autre. La même célébration peut tomber à des mois différents. Avant de planifier un voyage autour de l’une d’elles, confirmez les dates et les éventuelles fermetures de sites auprès d’un office de tourisme tibétain officiel ou d’un monastère.
Les cinq fêtes ci-dessous comptent parmi les plus visibles de la ville. Ce sont d’abord des occasions religieuses et familiales. Les visiteurs sont les bienvenus à de nombreux événements publics, mais doivent demander avant de prendre des portraits et suivre les consignes des moines et du personnel.
Losar : le Nouvel An tibétain
Le Losar commence le premier jour du premier mois tibétain et dure quinze jours. Il peut coïncider avec le Nouvel An chinois, tomber à un jour d’écart ou survenir environ un mois plus tard.
Dans les jours qui précèdent, on nettoie les maisons et on leur donne de nouveaux rideaux de porte et drapeaux de prière ; les moines redorent les images des temples. Les familles préparent une boîte chema, un récipient en bois divisé pour contenir de l’orge grillée et de la tsampa, décoré d’épis d’orge, de fleurs et de sculptures au beurre. Elle symbolise une bonne récolte et la bonne fortune. Les kapse, une pâtisserie frite sucrée généralement façonnée en torsades, sont préparées en quantité.
Le vingt-neuvième jour du douzième mois tibétain, les familles mangent du guthuk, une soupe de nouilles. Les raviolis dans la soupe renferment des objets symboliques : une pierre, un piment, de la laine, du charbon ou une pièce de monnaie. Chacun a une signification plaisante, et celui qui en trouve un réagit avec un désarroi feint ou un éclat de rire. Ce repas clôt l’année ancienne.
Les courses de chevaux sont traditionnellement regardées le troisième jour. L’ambiance est festive, mais le Losar est aussi calme dans certains quartiers de la ville : de nombreux restaurants tenus par des Tibétains ferment et certains temples et sites réduisent leurs horaires de visite. Renseignez-vous avant de partir. Les célébrations de rue sont publiques ; les rituels les plus importants se déroulent dans les foyers, et il ne faut pas présumer d’une invitation.
Shoton : yaourt, thangka et opéra tibétain
Le Shoton tombe vers la fin du sixième mois et le début du septième mois tibétain, souvent en août. Son nom associe sho, le yaourt, à ton, un festin ou une offrande. Il trouve son origine dans la retraite monastique d’été, lorsque les moines restaient à l’intérieur pour éviter de nuire aux insectes ; à la fin de la retraite, des fidèles laïcs offraient du yaourt.
Les temps forts publics sont le dévoilement d’un immense thangka et des représentations d’opéra tibétain. Au monastère de Drepung, les pèlerins arrivent avant l’aube pour s’assurer une vue du thangka. Des troupes d’opéra se produisent au Norbulingka et dans le parc Longwangtan, derrière le palais du Potala, avec une musique et des voix hautes et portantes affinées au fil des siècles. Les représentations se poursuivent toute la journée.
Lhabab Duchen : badigeonnage à la chaux et pèlerinage
Le vingt-deuxième jour du neuvième mois tibétain, Lhabab Duchen marque une observance bouddhiste majeure. La coutume locale veut que les divinités descendent ce jour-là dans le monde des humains, et qu'un mur fraîchement blanchi à la chaux puisse les convaincre de rester. Les jours précédents, monastères et palais du Potala sont nettoyés et blanchis, souvent par des équipes travaillant sur échelles et échafaudages.
Le jour de la fête, les pèlerins se rendent au Jokhang, à Ramoche et au palais du Potala pour brûler de l'encens et prier. Le blanchiment relève à la fois de l'entretien et de la préparation rituelle : tenez-vous à l'écart des zones de travail et évitez d'interrompre les prières.
Fête de Linka : une journée dans les bosquets
Le quinzième jour du cinquième mois tibétain est Zamling Chisang, parfois traduit par Journée mondiale de l'encens. Elle commémore la soumission par Padmasambhava des forces néfastes au Tibet. Pour les habitants de Lhassa, c'est aussi un jour où l'on quitte la maison pour passer du temps dans un linka, un bosquet ou un parc.
Les familles revêtent leurs habits d'apparat et apportent bière d'orge, thé au beurre et nourriture dans les parcs. Elles montent des tentes, chantent, dansent et se rendent visite d'un campement à l'autre. Des artistes folkloriques peuvent se produire. Les sorties peuvent se prolonger des semaines durant, par groupes différents, mais le jour principal reste le quinzième. Ce sont des réunions de famille : attendez une invitation avant de rejoindre une tente.
Fête des lampes au beurre : la lumière dans le Barkhor
La fête des lampes au beurre, Ganden Ngamchoe, tombe le vingt-cinquième jour du dixième mois tibétain et dure cinq jours. Elle commémore Tsongkhapa, fondateur de l'école guéloug. Les premiers jours sont consacrés aux chants et aux cérémonies religieuses. À partir de la soirée du vingt-cinquième, monastères et foyers allument des lampes au beurre sur les toits et dans les salles de prière, et les laissent brûler toute la nuit.
À Lhassa, le Barkhor et les abords du Jokhang deviennent particulièrement animés. Les lampes sont des offrandes, non des accessoires. Circulez dans le sens des aiguilles d'une montre avec le flux et laissez les passages libres.
Organiser son séjour selon le calendrier
Les dates changent chaque année : renseignez-vous sur place et vérifiez si les monastères ou les musées ont modifié leurs horaires de visite. Pendant les grandes fêtes, les transports et les hébergements à Lhassa peuvent être plus sollicités, et certains commerces ferment. Aux sites religieux, habillez-vous sobrement et évitez de toucher les offrandes. Une fête peut enrichir un voyage, mais elle se vit mieux lorsque les visiteurs acceptent le rythme de la ville plutôt que de vouloir le chorégraphier.
Comment ce guide a été réalisé
Ce guide associe recherche structurée et automatisation, avec contrôle des sources et des doublons. Vérifiez les informations sensibles au temps avant de partir.